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 Le système de production d’électricité au Sénégal

 

Ceci une question que bon nombre de Sénégalais et d’Africains se posent. Malgré les différentes promesses électorales et la successions de plusieurs gouvernements, la régularité de l’approvisionnement en électricité fait toujours défaut.

 

Quels sont les véritables causes du problème électrique du Sénégal, sachant que de nombreux pays Africains se trouvent dans des situations similaires ?

 

 

L’outil de production de la Sénélec

 

La SENELEC exploite un parc de plusieurs centrales de production, reparties comme suit:

 

  • Cap des Biches
  • Bel Air
  • Manantali - Barrage hydroélectrique - 200 MW dont 33% pour le Senegal
  • Kahone
  • Ziguinchor
  • Saint-Louis
  • Kolda
  • GTI (producteur privé)
  • Kounoune (producteur privé)

 

 

A l’exception de Manantali, ces centrales sont toutes de type thermique. Une centrale thermique produit de l'électricité a partir de la chaleur qui se dégage de la combustion du charbon, du mazout ou du gaz. Cette chaleur sert à transformer l’eau en vapeur à haute pression dans une chaudière, cette vapeur étant ensuite détendue dans une turbine à vapeur, laquelle est accouplée à un alternateur qui génère de l’électricité.

 

 

principe de fonctionnement d’une centrale thermique au fioul, au charbon ou à la biomasse

 

 

Turbine à vapeur

 

Une centrale hydraulique comme de celle Manantali convertit l’énergie d’une chute d’eau en énergie électrique. La centrale de Manantali est en service depuis 2001 et a une puissance installee de 200MW. La production électrique est distribuée aux pays membres que sont le Mali, le Sénégal et la Mauritanie. La part du Senegal qui est de 33% soit 66MW vient couvrir la forte demande du reseau interconnecte. La figure suivante montre les details du reseau de distribution

 

 Carte de la production et du transport d'electricite 

 

 

Centrale hydroélectrique de Manantali

 

 

Le choix de l’emplacement d’une centrale revêt une importance capitale dans l’optimisation de la production. Ces centrales sont pour la plupart localisées dans des zones facile d’accès pour le ravitaillement en carburant ou en eau (généralement par voie marine) et pour la livraison dans les lignes électriques de transport et distribution.

 

Demande électrique

 

Le courant électrique qu’utilise le consommateur ne se stocke pas. Il est produit, transporté et distribué sur la demande du consommateur. La production d’électricité doit donc être en permanence égale à la demande, pour assurer l’équilibre constant du réseau.

 

La puissance demandée par l’ensemble des clients d’un réseau subit de grandes fluctuations selon l’heure de la journée et les saisons. Au Sénégal, le pic de puissance appelée se situe entre 19h et 23h. Les centrales doivent donc s’adapter pour produire et satisfaire les demandes parfois difficilement prévisibles des consommateurs. Durant ce pic de consommation, les turbines à gaz des centrales thermiques, beaucoup plus rapides à démarrer que les turbines à vapeur, sont mises en service pour venir en appoint pour un court laps de temps (moins de 2h).

 

Si malgré toutes les turbines à gaz ou à vapeur disponibles mises en service, la demande reste toujours supérieure a production, le délestage reste la seule option pour maintenir l’équilibre du réseau et éviter un black-out de grande envergure.

 

 

Une turbine à gaz peut être démarrée en moins de 10 min car il n’y a pas de chaudière, lente à monter en température

 

Le délestage consiste à isoler ou interrompre l’alimentation de certaines zones afin de stabiliser le réseau.  Bien qu’il soit un manque à gagner pour la société de production, et un fort désagrément pour le consommateur, c’est l’ultime solution pour conserver une maîtrise de l’outil de production.

 

Il y a généralement deux types de délestages:

 

  • Délestage intervenant quand la capacité limite de production est atteinte. Dans ce cas de figure, le délestage peut être effectué de façon sélective dans certains quartiers, le plus souvent la banlieue (Thiaroye, Pikine), et à des heures établies. 
  • Délestage suite à une panne d’un outil central de production ou de distribution : perte d’un transformateur MT/HT, défaillance d’une turbine, impact de la foudre, etc.

 

Dans ce deuxième cas de figure, la coupure peut s’étendre sur de larges larges zones (même sur des sites dits sensibles) et sur de longues périodes, le temps de réparer ou remplacer le ou les équipements défaillants.

 

Un réseau stable doit disposer d’une réserve de puissance suffisante et donc être capable d’amortir tout changement survenu sur le réseau afin d’éviter tout délestage. Ceci est loin d’être le cas de la SENELEC.

 

 

Politique à suivre

 

A grande échelle, l’état doit à la fois maintenir convenablement le parc existant ainsi que le réseau de distribution, et en parallèle investir dans des outils de productions modernes pour faire face à l’accroissement constant de la demande en énergie des ménages Sénégalais (8% par an sur les dix dernières années - source AFD).

 

Un effort particulier doit être mené contre le corruption et les branchement électriques illégaux qui pèsent lourdement dans le déficit actuel de la SENELEC. Depuis 2004 le bilan économique de la SENELEC est déficitaire et l’état met la main à la poche pour combler le déficit, alors que ces sommes pourraient être allouées à des besoins plus prioritaires (éducation, santé, infrastructures).

 

 

source : ENDA-SIGIE

 

Enfin, l’état doit encourager le développement des sources d’énergie alternatives et locales pour réduire la dépendance au pétrole importé. Comme l’actualité nous l’a montré ces dernières années, un retard de livraison d’un bateau pétrolier ou la livraison d’un fioul de mauvaise qualité entraîne automatiquement de lourds dysfonctionnement sur la totalité du système de production. Et nous ne parlons pas d’une flambée certaine du prix des carburants dans les années à venir…

 

Solutions pratiques

 

A plus petite échelle, le consommateur peut se protéger avec des systèmes permettant de faire face aux délestages répétés et intempestifs. Ces systèmes présentent l’avantage de fournir à la fois un approvisionnement électrique sans interruption, tout en protégeant les appareils sensibles des défauts du réseau (surtension, harmoniques), tels que les appareils électroniques, médicaux ou stratégiques (serveurs informatiques, éclairage de secours).

 

Le système anti-délestage le plus efficace pour les petites et moyennes puissances sont les onduleurs/chargeurs avec batterie. Suivez le lien pour plus d’informations sur les systèmes de secours

 

Une autre option consiste à quitter purement en simplement le réseau SENELEC en installant un système autonome solaire, éolien ou hybride.

 

 

Commentaires   

 
+1 #1 Jacek Lempicki 02-05-2015 22:07
Electricité solaire est une chance pour Senegal, sous condition qu'elle impliquera largement des compétences locales. Une conception qui prend en compte cette condition est présentée ici : http://simple-solaire.blog4ever.com
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