La carbonification en Afrique

 La carbonification, ou carbonisation, est le processus qui permet de transformer en charbon les produits de la biomasse, comme le bois, les déchets verts, les résidus agricoles ou encore les plantes envahissantes. Découvrez le potentiel d’application de cette technique écologique et économique en Afrique et au Sénégal.

Principe

La carbonification est une technique relativement simple qui consiste à placer un produit organique dans des conditions de chaleur définie (de 400°C à 600°C) et dans un milieu sans oxygène, pour produire du charbon, c’est à dire un produit riche en carbone. Le nom scientifique de ce processus est “pyrolyse”. Généralement, la chaleur nécessaire à la pyrolyse est apportée par le matériau carbonifié lui-même. La pyrolyse peut être dangereuse car elle provoque des dégagement de gaz inflammables, comme dans le processus de combustion du bois .

Production de charbon de bois au Sénégal par technique de la “meule Casamance”

Intérêts et limites

L’intérêt de la carbonification est de pouvoir transformer un déchet vert présentant une valeur économique faible en l’état, et étant difficile à transporter, en du charbon, c’est à dire un produit plus facile à transporter et contenant plus d’énergie à poids équivalent (plus de kWh/kg). Ce charbon peut également être utilisé pour enrichir les sols pour l’agriculture (amendement des sols). La carbonification permet de transformer le bois de forêt en charbon mais aussi de valoriser les déchets agricoles, les plantes envahissantes, etc, et donc de lutter contre la déforestation. Rappellons que, chaque année, 40 000 hectares de forêt disparaissent au Sénégal.

Au rang des inconvénient, la carbonification est une transformation qui engendre des pertes d’énergie car le produit sortant (charbon) contient moins d’énergie que le produit entrant (biomasse). Par exemple 1kg de bois donne de 180 gr à 250 gr de charbon, suivant le procédé utilisé. La carbonification requiert de la chaleur (donc de l’énergie) et engendre de dégagement de gaz (donc perte d’énergie), qui en outre peut aggraver le réchauffement climatique et présente un danger pour la santé. Elle a aussi un coût car elle nécessite des machines et du travail humain.

 Projets

De nombreux projets sont menés au Sénégal sur la carbonisation et la production à moyenne et grande échelle de bio charbon, c’est à dire de charbon issu de sources renouvelables. Il y a par exemple :

  • la société Carbosen qui produit 1800 Tonnes de bio charbon par an à partir de coques d’arachide (Kaolack)

  • la carbonisation du Typha dans la vallée du fleuve, avec le double avantage de lutter contre l’envahissement du fleuve et de produire un combustible de cuisson renouvelable et écologique

  • la production de charbon à partir de balle de riz (500 Tonnes/an) à Ross Béthio par Bio Terre SA

  • la valorisation du poussier de charbon pour produire des briquettes (entreprise Brades)

Des entrepreneurs Sénégalais se lancent également dans la production à petite et moyenne échelle de bio charbon en boulets, briquettes, boules, dans le cadre de micro-entreprises, pour répondre à la demande locale. Ces entreprises sont rentables, fournissent de l’emploi et participe à la protection de l’environnement en évitant la coupe de bois dans les forêts.

fabrication de briquettes de biocharbon à partir de poudre de charbon aglomérée avec de l’argile

 

séchage au soleil du biocharbon en boulette

 Des programmes similaires existent dans d’autres pays d’afrique ou la forêt est menacée de même que l’independance énergétique des ménages pour la cuisson des aliments.